LES NUITS DU MONDE
5 octobre - 12 décembre

Et encore

Entrée libre (dans la limite des places disponibles et des mesures sanitaires en vigueur)

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Jeudi 4 nov. - 18H30 - MEG  

Conférence/présentation de concert

by Hélène Sechehaye  

Être Gnawi à Bruxelles : Islam, rituel et musique dans une capitale européenne 

Cette conférence s’intéresse à la situation complexe de la pratique musicale au sein d’une communauté musulmane. Perpétuellement réprouvée car associée à des comportements jugés immoraux, la musique est pourtant l’un des éléments centraux du rituel des Gnawa, une communauté confrérique originaire du Maroc. Dans la diaspora de Bruxelles, la musique occupe une place très importante dans la vie des Gnawa qui s’y consacrent presque entièrement. En plus des rituels alimentant leur spiritualité et des concerts créant des ponts entre différentes populations de la ville, les Gnawa se sont peu à peu positionnés comme les exécutants privilégiés des répertoires de mariage dans la communauté marocaine. Nous verrons comment, vivant de et pour la musique, les Gnawa de Bruxelles jonglent entre ces diverses activités et leurs contradictions, et transforment les paradoxes en créant des ponts entre les mondes. 

Bio : Hélène Sechehaye est docteure en musicologie de l’Université libre de Bruxelles et de l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne. Soutenue en 2020, sa thèse s’intéresse aux pratiques musicales des Gnawa dans la diaspora bruxelloise, recherches qu’elle élargit aujourd’hui à l’Italie grâce à une bourse Academia Belgica. En parallèle, Hélène Sechehaye enseigne plusieurs aspects liés aux musiques traditionnelles dans le département Rythmes et Rythmiques du Conservatoire Royal de Bruxelles et préside le comité national belge de l’International Council for Traditional Music. 

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Mercredi 10 nov. – 18h – HEM

Conférence/discussion

avec Ingrid Le Gargasson (anthropologue) et Sangeetha Shankar(musicienne) 

Dans les pas du maître : musique hindoustanie et transmission 

La musique hindoustanie est une musique savante de tradition orale qui implique une formation longue et exigeante sous l’égide d’un maître. Malgré des évolutions notoires, un ensemble de préceptes et de conceptions reste attaché à cet enseignement traditionnel de maître à disciple, même dans le cadre d’une transmission familiale, comme le dévoilera cette conférence. Illustrée par le témoignage de la violoniste Sangeeta Shankar, la présentation interrogera également le statut des artistes « classiques » en Inde et les défis rencontrés par les jeunes musicien.nes s'engageant dans une carrière artistique.  

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Jeudi 11 nov. - 18h30   - Alhambra 

Film

Réalisé par Yve Billon, 1992, 70’. Zaradoc film.

Bénarès musiques du Gange 

Bénarès, ou plutôt Varanasi (en hindi)… Une ville parcourue d’immenses escaliers (ghât) menant au Gange, une cité à la confluence de l’hindouisme, du bouddhisme, de l’islam, qui ouvre de multiples voies de spiritualité. « Un bain dans le Gange vaut des années de yoga. » « Une seule note de musique jouée avec justesse vaut toutes les ascèses… » Ce sont là des mots que l’on peut entendre dans la bouche de quelques maîtres indiens, mais bien entendu il ne s’agit pas de n’importe quelle immersion, de n’importe quelle justesse ! Au fil de ce riche et intense documentaire, la caméra d’Yves Billon cherche à nous faire ressentir le mystère, car il importe davantage de ressentir que de comprendre. Elle nous invite sur les rives du fleuve sacré, dans le dédale des rues de Bénarès, dans ses demeures et anciens palais, à la rencontre de personnalités musicales d’exception : le légendaire hautboïste (shehnaï) Ustad Bismillah Khan – au cœur du film –, la chanteuse Girija Devi, le percussionniste (tabla) Lacchu Maharaj, la violoniste N. Rajam. Un parcours en soi, et sur soi, en guise de prélude au concert de N. Rajam et sa famille.

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Vendredi 12 nov. 15h - Grande salle ADEM 

Conférence/présentation de concert

avec Léo Fabre-Cartier  

La chanson Amazighe hier et aujourd’hui 

Pourquoi peut-on affirmer que la Chanson Amazighe du Moyen-Atlas, alors qu’elle est née il y a à peine 70 ans, est bien une musique traditionnelle ? Comment définir cette esthétique ? Comment vit-on la pratique de cet art, hier et aujourd’hui ? Quelles sont les innovations notables apparues générations après générations de musiciens ? En quoi cette musique est-elle un moyen de sortir de sa condition ? Quelle place ont pu y prendre les femmes ? C’est à ces différentes questions que tentera de répondre Léo Fabre-Cartier, notamment à travers une histoire de la Chanson Amazighe du Moyen-Atlas centrée sur quelques-uns de ses principaux acteurs (Hammou Oulyazid, Bouzekri Amrane, Mohammed Rouicha). 

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Samedi 11 déc. - 18h30 – Lieu à préciser

Conférence/présentation de concert

par Ana Koprivica 

L'appel des esprits dans la musique afro-cubaine 

Dans les répertoires afro-cubains, la musique structure le temps du rituel, crée de l'émotion, mais participe également à l'induction et à la socialisation de la transe de possession et à l'identification des esprits (orichas, muertos). En tant qu' officiants du rituel, les musiciens exploitent de manière créative des systèmes mélodiques et des motifs rythmiques associés à un large panorama de genres musicaux et à une multitude d'esprits. Cette conférence illustrera la manière dont les musiciens adaptent ce savoir-faire à chaque contexte, en permettant de tisser des liens entre les hommes, tout en matérialisant ce rapport avec un monde invisible. D'une certaine façon, la musique rend tangible ce qui est considéré comme insaisissable. 

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Alhambra

Exposition photos

par Gustaaf Verswijver, en partenariat avec le Musée Barbier-Mueller

Les Kararaô du Brésil central

Faire connaitre les Kararaô, un groupe d’Indiens Kayapo du Brésil central qui ne compte en 2010 que cinquante-quatre personnes, en se concentrant sur leur histoire extrêmement complexe : telle est la finalité de la récente publication de la Fondation culturelle Musée Barbier-Mueller, signée par l’anthropologue Gustaaf Verswijver, après trois années de recherches intensives sur l’histoire de ce peuple très peu connu. S’intéresser aujourd’hui aux Kararaô relève de l’urgence au vu des nombreuses menaces qui pèsent sur eux…  
Les Adem ont choisi d’accueillir à l’Alhambra l’exposition photos du Musée Barbier-Mueller en lien avec cette publication. Davantage que de présenter de belles images, elle invite à pénétrer au cœur d’une culture qui pose un regard sur le monde radicalement différent du nôtre – celui des sociétés modernes. Où aller, que choisir, que faire, d’un côté comme de l’autre, en ces temps à la croisée des chemins ? : une réflexion en soi toute contemporaine.