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d'ethnomusicologie

Un moment avec Maria Koti

En coulisses | 14 octobre 2019 | Angela Mancipe

Le premier weekend d’octobre de 2019 a été agrémenté d’événements autour de la musique populaire grecque : le concert VOIX GRECQUES dans le cadre des Vendredis de l’ethno, suivi du stage « À la découverte de la musique grecque » donné par les sœurs Maria et Anna Koti, cette dernière professeure de chant grec dans notre association.

 

 

Durant son weekend à Genève, Maria Koti nous a accordé un court entretien en coulisses, pour nous parler de ses perspectives sur le Rebétiko. Elle nous a également dévoilé quelques détails sur l’être humain qui se cache derrière l’artiste.

 

Le Rebétiko - et la musique populaire grecque en général - connait un grand succès parmi le public européen. Quelle est, selon vous, la raison dun tel succès ?

Je crois que cela est dû au fait que le Rebétiko est le style de musique le plus « authentique » et en même temps, qu’il est le plus urbain. Ce qui est beau dans cette musique, c’est que les verses (les paroles) sont toujours d’actualité et toujours nécessaires, puisque ses origines se résident dans la musique populaire, dans le peuple.

 

Le Rebétiko est apparu dans les années 1920 à la suite de plusieurs vagues migratoires arrivées dans la région. Comment le Rebétiko sinscrit-t-il à lheure actuelle dans le contexte migratoire que vit l’Europe ?

Les paroles du Rebétiko ont beaucoup de significations, cela à différents niveaux. Elles mettent en avant les circonstances politiques difficiles de leur époque, sans devenir des chansons de revendication politique pour autant. Néanmoins, elles parlent des sujets d’actualité, même de nos jours. Les premiers compositeurs, chanteurs et musiciens de Rebétiko venaient de la Turquie et des îles voisines, alors que le Rebétiko est de nos jours connu comme une musique grecque. Je me souviens très bien de leur façon de chanter et je l'apprécie énormément.

 

Le terme Rebétiko désigne une panoplie de genres et de thématiques. Maria, parlez-moi un peu du répertoire que vous avez abordé hier avec votre ensemble durant le concert. Selon quel critère lavez-vous choisi ?

Le Rebétiko est une musique qui véhicule son message de manière très directe et très simple. Et en même temps très authentique. La dernière chanson que j’ai chantée hier, Dimanche nuageux est une chanson très importante pour nous les Grecs, elle est notamment chargée d’un fort symbolisme.

Le Rebétiko constitue un très grand chapitre de la musique grecque, dont on n’a pas encore dévoilé toute la richesse. Une bonne partie du répertoire que j’ai abordé dans le concert est une découverte pour moi-même ! On a préparé pour ce programme des nouvelles chansons, mêlées avec d’autres que le public connait bien déjà.

 

 

EN COULISSES avec Maria Koti

 

Chanter ou écouter ?

First you écoute. And then, if you really écoute, you chantes ! (rires).

Le pire arrivé sur scène

En Grèce, pendant la fête, les gens ont l’habitude de casser quelques assiettes. Une fois, dans une taverne, lorsque je donnais un concert et que je jouais le tambourin, un homme a cassé une assiette proche de moi et un morceau de porcelaine m’a blessé le coude…(rires)… j’ai dû continuer le concert blessée… mais de nos jours, cette pratique est interdite. Heureusement. 

Vin ou bière ?

Raki ! (rires)… C’est l’eau crétoise, comme la grappa…

Jour ou nuit ?

La nuit ! Chanter dans la nuit, j’adore !

Rituel pré-concert  ?

Auparavant, quand je chantais à la taverne, j’aimais bien prendre un little drink. Mais de nos jours, j’ai fait des exercices de respiration pour bien m’échauffer et pour me détendre.

Vous rêvez de partager la scène avec

Avec les amis musiciens… mais les très bons !

À part de jouer/chanter, dis-moi une chose que tu fais super bien dans la vie

Cuisiner, cuisiner !  Pour ensuite manger !

 

 

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