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d'ethnomusicologie

KARAVAN-I-NOOR : La route de lumière

Focus | 2 December 2019

Les ADEM bouclent l’année 2019 avec un concert de notre série des Vendredi de l’Ethno le 6 décembre à l’AMR. A cette occasion, nous aurons le plaisir d’accueillir deux maîtres des musiques persanes en Europe : Djamshid Chemirani et Paul Grant. Avec leur projet Karavan-i-Noor  (caravane de lumière), ils nous invitent à un voyage le long des routes musicales populaires et classiques d’Iran, d’Afghanistan et d’Inde du Nord. Ethnosphères magazine a eu l’occasion de discuter avec Paul Grant sur les étapes de cette route : passé, présent et futur.

Propos recueillis par Angela Mancipe

 

Paul Grant et Djamshid Chemirani

 

PASSÉ

Le public du prochain concert des Vendredis suivra les traces de la route que vous et Djamshid Chemirani ont largement parcourue. Commençons par le début : dans quelles circonstances avez-vous rencontré Djamshid Chemirani et comment une collaboration musicale s’est-elle mise en place ?

Honnêtement, je ne me rappelle plus exactement dans quelles circonstances on s’est rencontrés. Cela fait très longtemps, une trentaine d’années, ou peut-être plus !  Je n’ai pas non plus le souvenir de notre premier concert ensemble. Mais ce n’est pas grave, parce que ce qui compte pour moi n’est pas le temps. A mon avis, connaitre quelqu’un depuis 50 ans ne veut pas forcément dire quelque chose en soi ; c’est la qualité du contact et de la relation qui est importante. J’ai la chance et l’honneur de jouer avec lui. Je m’en réjouis parce que Djamshid est une personne vraiment magnifique et un grand artiste !  J’admire profondément la qualité de son travail, son humilité et sa capacité d’écoute. De nos jours, trouver ces qualités dans le monde musical devient rare.  Au long de toutes ses années, Djamshid et moi avons noué une complicité très étroite.

 

 

PRÉSENT

Parlez-nous de cette complicité de longue data avec Djamshid Chemirani. Comment infuse-t-elle votre projet Karavan-I-Noor ?

Cette complicité est essentielle puisque la musique que nous jouons est de nature improvisée. On accorde alors une grande place à la spontanéité et à l’écoute mutuelle. Si l’on n’est pas dans l’écoute de l’autre, cela ne marche pas. Probablement vous allez remarquer cette complicité dans le dialogue musical que Djamshid et moi allons établir ! en tous cas, je l’espère bien ! (rires).

Le concert du vendredi 6 décembre vous propose un voyage ! Le voyage commencera en Iran, avec la musique classique iranienne. Ensuite nous ferons délicatement une liaison avec la musique d’Afghanistan, puisque cette musique a reçu beaucoup d’influences d’Iran. Enfin, nous évoquerons le Cachemire et l’Inde du Nord.

Le répertoire a été spécialement choisi pour mener sur la route de la lumière, au sens d’illumination, c’est-à-dire de cette lumière spirituelle et intérieure que nous portons tous en notre for intérieur et que je suis allé chercher en Inde à un moment de ma vie. Mon intérêt va au-delà de montrer les techniques d’exécution instrumentale des tablas du sitar et du santur, mais d’inviter les gens à découvrir cette lumière. Travailler avec Chemirami va dans ce sens. C’est pour cela que le concert s’appelle Karavan-I-Noor ! [caravane de lumière]. On retrouve cette idée dans le nom de mon ensemble : Nuryana.

 

FUTUR

Parlons maintenant de la suite. Quels sont vos prochains projets musicaux ?

Je m’intéresse aux instruments antiques de l’Asie centrale et de l’Inde du Nord, qui sont rarement joués dans le monde. En complément de ma pratique musicale, je consacre une bonne partie de mon temps à la construction et restauration d’instruments musicaux rares et traditionnels.

L’enseignement est une autre activité qui me tient à cœur. Je donne des cours de musique hindoustani, notamment dans le cadre des ADEM. Je me réjouis de voir que les nouvelles générations s’intéressent à ces musiques. J’ai d’ailleurs des élèves qui viennent d’Espagne ou du Sud de la France. Je reste très fidèle à l’esprit traditionnel d’interprétation de cette musique. La préservation d’anciennes traditions de musiques de cette région du monde constitue un réel engagement à mes yeux. C’est pourquoi je me sens dans l’obligation de transmettre ce que j’ai appris à mes élèves.

 

 

Plus d'informations sur le concert du 6 décembre ici

 

Pour plus d'informations à propos des cours de musique hindoustani de Paul Grant aux ADEM cliquez ici.

 

Pour en savoir plus sur les activités musicales et pédagogiques de Paul Grant, visitez son site web :

http://www.paulgrant.net/

 

 

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